La Prince, il a des esclaves et pas toi

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Vous allez dire que je m’obstine. Eh bien, dites.

Seulement voilà, en ce week-end qu’un Cahuzac au sommet de sa sincérité aurait sans doute qualifié de caribéen, difficile d’échapper à la douceur du cuir canapéen. À ceci près que mon canapé n’est pas en cuir, et que je n’ai d’ailleurs même pas de canapé. Cela ne m’a pas empêché de passer quelques heures à regarder du sport à la télévision. C’est sur un lit défait que j’ai donc pu assister à la défaite honteuse de nos footeux face à l’Ukraine.

Football donc. Football encore, direz-vous pointant encore mon obstination, puisque mon dernier billet concernait déjà cette drôle d’activité, qui consiste à emprunter le style capillaire des iroquois pour courir après un ballon. Voilà pour le terrain, et il me semble m’être déjà assez étendu sur la question (entre autres) ce week-end.

Me voici donc furetant derrière le carré vert, en backstage. Quelle ne fut pas ma surprise d’apprendre ce week-end que selon Amnesty International, nos amis les qataris exploiteraient nos ennemis les ouvriers sur les chantiers du mondial 2022. L’ONG prétend ainsi que le sort des travailleurs étrangers (94% de la main d’oeuvre du pays, au passage) serait de près ou de loin comparable à l’agrément que procurait l’écartèlement au temps divin du Moyen-Age.

Mon cerveau d’occidental bon teint eût beau chercher à comprendre, rien n’y fit. Comprenez-donc, des arabes, pire des musulmans, exploitant des étrangers… En bon défenseur du made in france, je m’exclamai immédiatement du haut de ma marinière : « ils nous auront vraiment tout piqué, ces arabes ». Ce qui, dans la bouche de la progéniture Le Pen, signifie : « sans vouloir jeter un discrédit sur une population que j’accueille à bras ouverts, il m’apparaît très clairement que nous avons franchi un point de non-retour, puisque des populations d’origine immigrée, après avoir profité grassement de notre bonne Gaule, ruiné l’épargne des Gaulois et effacé 2000 ans de traditions, nous ont clairement dépouillé de notre savoir-faire pour se l’accaparer ».

Moi qui prenais ces turbans bling-bling pour de bons samaritains, poussant la générosité jusqu’au sauvetage d’un championnat de foot que les Nancy-Lorient et autres Rennes-Sochaux avaient transformé en synonyme de somnifère. Eh bien non. La Prince, il a bien appris ses leçons. Désormais appuyé sur des décennies d’Histoire, la Prince, il a compris comment faire du business.

Et la Prince, il t’emmerde. Si, il t’emmerde. Toi, le lecteur abruti qui sera scotché à ton poste de télévision, en 2022, pendant la coupe du monde de football. Oubliés les travailleurs Népalais morts à la tâche, sous-alimentés, les millions versés à Zidane ou Platini pour faire la promotion de l’événement, la corruption des instances de la Fifa, l’absurdité d’une compétition sportive en plein air en été au Qatar.

Oui, décidément, la Prince, il t’emmerde.

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