Bernard, l’ermite des caméras

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BHL. Trois lettres qui riment immédiatement avec celles du PAF. C’est que notre gloire échevelée nationale vagabonde de plateau en plateau, d’émission en émission, de micro en micro. Bernard a en enfin trouvé une cause à la mesure de son ego : l’Ukraine. Un voyage express à Kiev lui a permis de tout voir, tout savoir, tout comprendre, et comme à sa divine habitude, tout vomir à la lueur bienveillante des caméras. Mais surtout, notre philosophe en mocassins s’est fendu d’une série de clichés sur une barricade ukrainienne. Là même où des manifestants ont trouvé la mort. La fréquentation assidue des salons parisiens ne semble donc point suffire à l’apprentissage du bon goût.

Le premier cliché est saisissant. Les femmes enceinte perdent leur enfant d’émotion, la Terre s’arrête de tourner, Jésus se prosterne devant son maître : Bernard prend la pose. Et dieu sait s’il la prend bien, l’animal. Il faut dire, Bernard et les barricades, c’est une longue histoire. Souvenez-vous, la Bosnie, cette photographie saisissante d’un BHL à l’abri d’une barricade, sous le feu, suppose-t-on, des balles et des obus. Seulement voilà, lorsque le cliché apparaît dans son entièreté, deux hommes discutent tranquillement au-dessus de la barricade. Bernard, la barricade ne fait pas le moine. Mais en élève aussi brillant que ton oeuvre, tu n’as point retenu la leçon. Car un deuxième cliché est également venu rompre la magie de ta pose élégamment barricadesque. Un cliché où un deuxième photographe apparaît. Et là, cher Bernard, tu me vois fort contrit de te l’annoncer : tu fais horreur. D’un coup d’un seul, ce n’est pas le terne du décor qui dégoûte, mais bien ta toison fièrement exposée. Il paraît que tu es philosophe, aussi n’auras-tu aucun mal à trouver par toi-même une définition complète du cynisme. Et encore, sache-le Bernie, Diogène avait eu ce talent dont tu ne sais disposer de refuser la gloire des grands. En définitive, même le cynisme te ferait trop d’honneur.

Mais au fond, car le fond est ta demeure Nanard, le bidonnage est ta profession. Tu ne sais briller qu’en médiocre compagnie le temps d’une soirée mondaine, ou d’un grand journal hâtif ; la complaisance de média bienveillants te permet de t’arroger goulument l’étiquette de philosophe, qui, du temps d’un Raymond Aron ou d’un Pierre Bourdieu valait plus cher que ton costume de sauveur au rabais ; ton brushing savamment échevelé dénote, lorsque, entouré de combattants qui ne sont pour toi rien de plus que des autochtones utiles, tu joues au libérateur ; ton absence de rigueur condamne d’office toute tentative de pensée, comme ton site le prouve tribune après tribune. Au passage, Bernard, toi le grand écrivain, toi l’indigné jamais assouvi, j’espérais naïvement que tes talents de penseur et de plume allaient t’inspirer autre chose qu’une maigre « tribune » de deux paragraphes face aux dramatiques événements de Kiev.

Combien de temps auront-nous à supporter le vide intersidéral et sidérant de ta misérable communication d’expert en tout mais savant rien ?

Maidan-Ukraine-BHL-barricades

 

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6 réflexions sur “Bernard, l’ermite des caméras

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