Virginie Spies, le Moins du NouvelObs

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Virginie Spies, vous connaissez ? Que nenni ? Eh bien qu’on vous pende haut et court. C’est grand crime que de ne point connaître une si grande Dame. J’insiste, une si grande Dame. C’est en tout cas ce que laisse à penser le Plus du NouvelObs. Madame, qui s’annonce comme « spécialiste des médias » (à qui l’on glisserait bien au passage que la forme sans « s » fait plus cultivé, surtout pour une spécialiste), a publié un papier sur ledit Plus du NouvelObs. Papier qui m’émut et devant lequel je me prosternai aussitôt sa lecture achevée, avant d’entamer un séance d’autoflagellation jubilatoire. C’est drument que je baisai le sol poussiéreux de mon taudis, en signe de soumission au talent immense de Madame Spécialiste.

 

L’objet du papier ? Madame Spécialiste y fait état d’une querelle twitteresque avec le pittoresque docteur Flaysakier (France 2). L’intrigue est passionnante. À côté, Il était une fois dans l’Ouest est une soupe au fumet bien fade. Madame Spécialiste, en pleine intervention du docteur au JT de France 2, se fend d’un tweet à l’argumentaire implacable. S’en suit une querelle mondaine, avec comme entremetteur malgré lui Dominique Farrugia, et un Flaysakier vulgaire.

 

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Oui, au Plus du NouvelObs, on connaît la hiérarchie de l’information. On sait l’importance d’un buzz même ficelé à la va-vite. On ne trouille guère devant le ridicule, au contraire, on y souscrit, on s’y complaît. Nous voici donc rendus au point où il est de bon ton de commenter l’écume de Twitter, et de rapporter à la maîtresse le comportement salé d’un de ses petits camarades de promotion. Ce qui dispense au passage l’auteure de faire preuve de la moindre espèce de ce qu’on nomme talent. Le chapeau est pourtant grandiloquent : « À travers ce tweet clash, c’est aussi l’attitude des personnalités sur Twitter qui est remise en question, estime Virginie Spies ». Madame Spécialiste estime, ou plutôt, s’estime. Quelle drôle d’idée a bien pu traversé son esprit pour penser ses émois twitteriens digne d’un quelconque intérêt des lecteurs ? Mais sans doute me manque-t-il la case spécialiste des média sur mon CV pour résoudre cette aporie gorgée d’orgueil mal placé. Aussi me contenterai-je d’y voir une caqueterie précieuse à conchier absolument. D’ailleurs les réactions des lecteurs du Plus sont quasi unanimes :

 

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Le lecteur/La lectrice futé(e) que tu es se demandera sans doute quelle est la logique à écrire un article sur un tel non-événement. Eh bien, logique il y a. Ma plume et moi-même sommes actuellement à la recherche d’un stage. Sans surprise, refus et portes closes sont légion. Aussi, ma plume souffre de quelques accès de colère, voyant des installés sans talent s’époumoner à brasser le vent de leurs querelles inodores. Le journalisme de caniveau, c’est ça. Celui qui se découvre impotent lorsqu’il se voulait important. Celui qui, se voulant sociologue, tombe dans l’analyse vide de son nombril boursouflé d’arrogance. Et puis, s’il faut avoir autant de talent qu’une Spies Girl pour devenir spécialiste, ma plume et moi même postulons drument à ce statut au Plus ! Chiche ?

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14 réflexions sur “Virginie Spies, le Moins du NouvelObs

  1. Tout d’abord, V. Spies est enseignante-chercheuse, les médias sont son objet d’étude, donc vous pourrez mettre autant de guillemets que vous voudrez et utiliser toutes les formules condescendantes possibles, elle est bel et bien une spécialiste des médias (cette orthographe est recommandée par l’Académie française, soit dit en passant). Et l’objet de sa réflexion — qui vous a manifestement échappé, bien qu’il occupât la deuxième moitié de l’article — était de montrer comment l’image que renvoient les personnages publics les suivent même lorsqu’ils s’expriment à titre personnel sur les réseaux sociaux. Mais bon, si vous n’avez pas compris ça à le lecture de l’article, pas la peine que j’insiste ici. Allez donc chercher un stage au lieu de vous ridiculiser sur internet.

    • Merci d’avoir pris le temps de répondre.

      Sur le fond, pardonnez mon insolence, mais en aucun cas le fait de disposer du titre d’enseignante chercheuse n’est gage de confiance. Je sors d’un long cursus universitaire, j’ai par conséquent été confronté à la problématique. Aussi point de blanc-seing pour moi, du vent reste du vent, même s’il est plumé par une enseignante chercheuse.

      Sur la forme, la condescendance, elle est totalement assumée, et témoigne d’une distance qui manifestement vous échappe vis-à-vis de l’écriture. Ces chroniques sont satiriques, il n’y a pas mensonge sur la marchandise, il y a un tag « humour » sur l’article.

      Pour le reste, utiliser le Plus du NouvelObs pour satisfaire une querelle personnelle, avec un style d’écriture que je juge faible, est méprisable à mon sens. Dois-je m’en excuser au motif que la forme vous dérange? Eh bien je réponds non. Entendons-nous bien, la partie de « réflexion » n’est pour moi qu’un alibi pour parler de sa mésaventure.

      Pour autant, j’entends vos critiques, elles sont fondées, intéressantes. Notamment en ce qui concerne la partie de réflexion sur les médiaS. Je n’ai trouvé aucune réflexion, mais alors aucune. Passé au filtre de la rigueur et de l’exigence argumentaire, ce papier m’apparaît vide. Je serais heureux que vous me fassiez part de ce que vous en avez retenu. J’ai bien noté votre explication de texte, je vous en remercie du fond du coeur. Cependant cela ne correspond en rien à une ébauche même d’argumentation et donc de réflexion (pas la vôtre, mais le papier de Madame).

      Enfin, notez que je n’ai rien contre votre condescendance, elle m’amuse. D’abord, parce que c’est le jeu. J’y joue, il est donc bien normal que j’accepte vos saillies. Et puis ce qui m’amuse, c’est que vous pointez ma condescendance en en faisant preuve vous même.

      Désormais, débattons. Ridiculisons nous de concert, j’ai la sensation que vous ferez un instrument à vent mémorable. J’attends vos arguments.

      Cordialement

  2. Je vous remercie également de votre réponse.

    Je vous accorde qu’étant moi-même enseignant-chercheur, je suis bien placé pour savoir que le fait qu’occuper cette fonction ne fait pas de nous les détenteurs de la Vérité. Cela dit, dans la mesure où V. Spies a publié de nombreux articles sur la question des médias dans des revues à comité de lecture et que les-dits travaux s’inscrivent dans des cadres théoriques définis et s’appuient sur une littérature foisonnante sur le sujet, je considère son analyse plus pertinente que celles de bon nombre de chroniqueurs auto-proclamés. Il s’agit certainement là d’une déformation professionnelle et je conçois très bien qu’on puisse ne pas partager ce point de vue.

    Est-ce que V. Spies s’est servi de cette tribune pour régler ses comptes avec D. Flaysakier ? Je n’en ai pas vraiment l’impression : mis à part le passage où elle dit qu’elle « n’apprécie pas le personnage » et qu’elle le trouve vulgaire, le reste de la querelle est rapporté de façon dépassionnée et sert à introduire la problématique abordée dans l’article, à savoir celle de l’identité numérique. Dans le cas présent, alors que D. Flaysakier sait parfaitement ce qu’il peut dire et ce qu’il ne peut pas dire devant les caméras, il perd complètement les pédales sur les réseaux sociaux. Et, puisque son identité numérique est intrinsèquement liée à son rôle de consultant au JT, c’est l’image de France 2 qui risque d’en pâtir. Ce n’est pas le premier — ni le dernier — cas d’une personnalité qui plombe son parti/entreprise/groupe en donnant son point de vue sur Twitter ou Facebook, tout ça parce qu’il croît naïvement s’exprimer à caractère personnel et que les gens sauront faire la différence. Il s’agit là d’une problématique d’actualité dont se sont emparées les sciences de l’information et de la communication, et V. Spies l’illustre dans son article en se servant de son expérience personnelle. Tel que je le reçois, l’article n’a pas d’autre prétention, donc le fait que le sujet ne soit traité que de façon superficielle ne me choque pas vraiment (il ne s’agit pas d’une revue spécialisée mais du Nouvel Obs).

    Bref, tout ça pour dire que V. Spies s’est retrouvée impliquée dans une dispute du niveau cour de récréation qu’elle a analysée avec son regard de sémioticienne et que je trouve injuste de réduire son article à une « caqueterie précieuse ».

    • Merci de votre commentaire.

      Effectivement quant au titre de Madame Spies, je suis en désaccord. Un désaccord purement subjectif, puisque sur le fond je juge bon nombre de ses publications creuses, vides d’argumentaires. Le problème est que j’y ai retrouvé la même choses dans ce papier, le tout sur fond de querelle enfantine. Il y a quelque chose de malsain qui ressort du papier. La drôle d’impression qu’on se trouve devant la rapporteuse de la classe… Quand on a la chance de piger au NouvelObs, à mon sens, on ne peut se permettre de produire un papier si vide et auto-centré, à moins qu’il ne soit écrit avec un talent fou. Et je maintiens que sa qualité de plume me paraît effarante, ce qui n’arrange rien à l’affaire. En résumé, un papier vide, un style que je trouve indigne d’une publication NouvelObs, ne querelle bien inintéressante, un titre racoleur au possible, un chapeau qui annonce une réflexion que je juge absente. Voilà l’objet du courroux de ma plume. Je comprends qu’on ne partage point ce discours, je souscris à tous les reproches de formes possibles, mais n’en demeure pas moins ferme sur ce qui vient d’être dit.

    • Connaissant un peu les acteurs universitaires de son entourage, j’ai comme l’impression que ce François est un proche de l’intéressée. Drôlement amusant ! Pour le coup, l’argumentaire n’en est que plus pathétique !

  3. Quand les muscadins jugent des pitres en se payant de tournures à l’ancienne, on se demande qui préférer des vieux renards encartés ou des godelureaux bravaches qui rêvent tout haut mais en vain de leur piquer leurs fromages ?
    Le « courroux de ma plume » ! Hi hi ! On croirait du Balzac ! Quand même moins moderne que Twitter, hein, Rubempré des faubourgs ?
    Pas possible de piger au NewObs avec un package aussi daté, so sorry. A moins que… en fausse blonde qui se la pète ?

    • Hola Argus,

      Merci pour ce commentaire imagé!

      Ah « le courroux de ma plume »… J’aurais plutôt dit du Corneille ou du Racine, mais j’accepte modestement la comparaison avec le petit Balzac, dont on me dit dans l’oreillette qu’il fut écrivain. Je n’ose y croire. Ouais?!? Littérature naquit avant ma plume? C’est traitrise de l’Histoire. Je m’en vais de ce pas noircir un feuillet d’insultes à l’endroit du Créateur. Suivant votre conseil, je n’oublierai point la coiffe blonde! Histoire de postuler sérieusement chez NewObs!

  4. tout aussi creux et encore moins argumenté que l’original… aucun intérêt
    essayez de faire mieux la prochaine fois

    • Cher lecteur,

      Merci pour votre commentaire.
      Je pensais pourtant avoir argumenté quelque peu. Certes, c’est une argumentation en … creux. Je pense avoir fait passé un message sur la vanité/vacuité de certains types de média actuels, et de personnalités qui en font leur commerce. Cependant, je suis prompt à reconnaître que ce n’est pas mon meilleur billet, en cela je vous rejoins. J’en suis même assez déçu à la relecture.

      La prochaine fois c’est déjà du passé, je serais heureux d’entendre votre avis sur le billet concernant Yade par exemple. Cependant, cette fois-ci, j’attends de votre part un peu moins de condescendance et un peu plus d’argumentation. Sans quoi je serais obligé de vous prêter les défauts que vous m’avez reprochés.

      Cordialement,
      Pierre Guidez

  5. J’hésite à me faufiler dans cette querelle de haut niveau pour bas prétexte.
    Permettez au cancre du fond de la classe de monter au tableau et d’exhiber un pragmatisme de mauvais aloi.
    Dans les dissertations, s’écarter du sujet même avec panache revient à montrer son ego à tous les passants,en oubliant
    L’essentiel,l’origine du débat.Une damoiselle s’étonne qu’un chroniqueur télé ne soit pas viré de son poste au seul fait de lui déplaire.
    Ce dernier,incroyable mufle, se croit autorisé à répondre en appelant un chat un chat,c’est à dire une pétasse une pétasse….Là dessus grand émoi sur le net et échanges à fleuret moucheté(à peine).
    C’est tout.
    Je regagne mon banc,près du radiateur;inquiet de mon audace et réclamant l’indulgence du jury.

  6. Je rejoins l’auteur de l’article dans son observation sur le style de Virginie Spies (littéraire évidemment^^). Pour avoir lu plusieurs de ses ouvrages, cette forme m’a toujours rendu perplexe. Sur le fond maintenant, son relatif manque de distance avec ses objets d’étude (qui se manifeste par une certaine complaisance) m’agace fortement. Merci donc pour ce billet.

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