Article à la con

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Rions un peu

Comme dirait Pierre Bénichou, « rions un peu ». Oui, en ces temps si sombres qu’on se croirait chaussé des lunettes de Ray Charles, rire est un remède à chérir plus que jamais. D’ailleurs vous trouverez bien dans votre entourage un éberlué aux cheveux savamment ébouriffés pour vous lâcher, une coupe à la main et le regard ténébreux, cette phrase plus profonde encore que l’anus d’un panda : « le rire est le propre de l’homme »… (le silence qui suit est aussi de Mozart).

Alors rions. Rions bordel. Je suis aujourd’hui d’humeur graveleuse, aussi le propre de l’homme sera sale, répugnant à souhait. À tous les sensibles de la feuille, les mous du gland, les brebis égarées du politiquement abject, ne quittez surtout pas des yeux votre écran : j’aime le vomi. La vomissure, rejeton fumeux du hoquet de dégoût, sent bon le naturel. Une immortelle catharsis contre la mortelle connerie des infidèles à leur propre religion. Ceux qui, d’une rafale tonitruante, croient dézinguer la satire quand ils ne font que la sublimer.

Alors, rions des cons, sur un malentendu, peut-être aurons-nous l’air intelligent.

Zemmour, Dieudo etc.

Zemmour, mon amour, tu as sorti le bleu de chauffe lors de ta chronique post-attentat. Pas un mot de compassion. Certes, ce n’est pas là que s’exprime le mieux ton talent inné de polémiste. Mais faire preuve d’élégance, c’est le minimum requis. Et te voici embarqué dans un de tes raisonnements scabreux, qui ralliera sans doute à ta cause tes aspirants suicidaires. Tu déclames que Charlie Hebdo, c’est mai 68, que Charlie c’est de l’angélisme gauchiste pur jus, que Charlie niait obstinément « la guerre »… Sacré Eric, ne vois-tu pas que si, Charlie la voyait cette guerre ? Et pardonne-moi, d’un peu plus près que toi. Mais comment diable ne peux-tu comprendre que eux, contrairement à toi, avaient décidé d’en rire, magnifiques de désinvolture ? Décidément, plus tu vends, plus t’es con mon brave Éric. Je prédis que ton prochain ouvrage, La Résurrection Française, révèlera au monde ébahi que parmi les 5 millions de musulmans en France, 8 millions sont des soldats d’Al-Qaeda âgés de moins de 4 ans. Ta mue est complète. Tu ne fais plus comme naguère du cynisme une profession de foi, mais une simple profession te permettant d’enfiler les lecteurs (dans tous les sens du terme).

Dieudo, toi qui t’es senti « Charlie Coulibaly »… Mais surtout, qui as dû te sentir bien dépassé par des enjeux que tes schémas de pensée automatiques, soufflés par le burlesque Alain Soral, ne peuvent expliquer. Toi qui il y a quelques années, moquais le relativisme de tout, et ne fais plus que cela désormais. Toi qui mélanges absolument tout, de l’esclavagisme aux chambres à gaz, d’Hitler aux tirailleurs sénégalais, de la décadence occidentale au mariage homosexuel… Toi qui ne peux plus te prétendre provocateur effronté, dur au mal, depuis que tel les politiciens que tu prétends vomir, tu supprimes couardement un post facebook un peu trop sincère. Allez, Dieudo, retourne faire le con sur scène, car en dehors c’est loin d’être brillant.

Quant au grand mufti d’Egypte, qui voit dans la une de Charlie parue aujourd’hui un acte « raciste », je lui montrerai bien mes fesses, mais je ne dispose point de ses coordonnées. Sa seigneurie clame que cette une heurte la sensibilité « de 1,5 milliards de musulmans ». Hé, dis-donc grand con, tu m’as l’air sévèrement burné pour parler au nom de tout ce beau monde. Voilà où mène la passion du dogme, mais surtout de son mode de fonctionnement. Confier la pensée à la religion, c’est un peu comme jeter les clés de la pensée à la mer. On rame, pensant les retrouver, et on finit par plonger dans le néant absolu de l’obscurantisme, répétant les sornettes de sa hiérarchie.

Provocation : l’art du trop

La provocation est sublime, lorsqu’elle s’octroie le luxe de moquer les convaincus de tout. Convaincus que leur dieu est grand, qu’un mec peut raisonnablement envisager un moonwalk sur la Mer Morte, que cette terre lui appartient parce que c’est écrit dans un vieux grimoire rapportant des paroles rapportées par des rapporteurs de pièces rapportées… Non vraiment, je crois que nous commençons, nous et nos superstitions ridicules à l’usage des faibles, à fatiguer cette bonne vieille Terre, qui risque de nous virer à grands coups de pompes dans le train.

Provoquer c’est nécessairement penser à différents niveau. C’est penser sa plume en même temps que la réaction du lecteur, c’est utiliser des mots ou des images à double ou triple sens, c’est décortiquer une métaphore pour en faire jaillir un paradoxe saisissant, c’est être mordant non pas pour mordre, mais pour donner la rage de penser aux mordus. Pas étonnant dès lors que tout ceci échappe à ceux qui préfèrent remettre leur âme toute entière entre les mains de ce que la politique religieuse a de tout temps promu : un mirage réconfortant, reposant.

Aussi peut-on allègrement emmerder les impuissants de la synapse, les « beaufs » du regretté Cabu, qui n’ont pas su se défaire de ce que naissance leur dictait. Les voilà réagissant par automatisme grégaire, déclarant leur attachement à une terre promise puisque depuis 30 générations la famille porte la kippa, le turban, le slip, le caleçon ou le string panthère. Le jugement émancipé, le choix élargi, tout ce qui de près ou de loin donne à l’homme l’opportunité de prendre conscience de soi et donc d’autrui, sont autant de raisons de continuer de rire, de provoquer, comme le fait si bien Charlie.

Car Charlie savait que croquer, c’était aussi mordre.

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