Se faire biaiser

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Finale Racing-Saracens à Lyon. Un duo arbitral, qu’on ne présente plus Nigel Owens au centre, George Clancy sur la touche. Une pluie battante, laissant présager un match où l’interprétation de l’arbitre sera la donnée principale. Trois longues années de règne français sur les terres « british ». Tout était réuni pour qu’une fois de plus, la Coupe d’Europe soit témoin et otage d’un arbitrage maison de Nigel Owens. J’ai pris des notes. Récit d’une « sodomie arbitrale ».

Sarries au-dessus, victoire logique

Le plus fort a gagné. Le plus juste techniquement, tactiquement. Les Saracens ont mérité leur titre. Le Racing a rendu une copie bien terne. Mais sans déjouer. Tout au long de la saison, ils n’ont que rarement offert autre chose qu’un jeu direct, sans grandes envolées. Un jeu qui suffit pour dominer le Top 14. Pas pour être champion d’Europe. Loin de là. Surtout lorsqu’on perd sa charnière Macheneaud – Carter. Et qu’en face, le jeune Farrell enquille les pénalités. Notons au passage cette chance incroyable qu’ont les britanniques en commission de discipline. Farrell, exclu 10 minutes en demi-finale, et cité devant la commission de discipline, écopa d’une suspension s’arrêtant juste avant la finale de la Coupe d’Europe. Hasard so british. Les joueurs français, suspendus parfois plus d’un an pour les mêmes gestes d’humeur sur le terrain, peuvent l’avoir mauvaise…

Les conditions de jeu furent rudes, à l’image du combat offert par les acteurs. De la pluie, de la grêle, un terrain et un ballon glissants. Dans ce type de combat humide, l’importance de la technique individuelle est exacerbée. Sous peine de voir les en-avant… pleuvoir. D’autant qu’à l’heure du rugby professionnalisé à outrance, les aléas climatiques ne doivent plus constituer une excuse systématique pour voir les ballons tomber. Que je sache, la Nouvelle-Zélande n’est-elle pas surnommée le pays du long nuage blanc, avec un niveau de précipitations énormes ? Cela n’empêche pas leurs joueurs d’être les meilleurs manieurs de ballon au monde. L’Europe a du retard, mais les pays anglo-saxons ont réellement mis l’accent sur le travail des skills ces 10 dernières années. D’ailleurs, du côté anglais, peu d’en-avant non provoqués au cours de cette finale d’un ennui profond. Du côté du Racing, en revanche, une ribambelle de fautes de mains. Et s’il fallait une preuve plus évidente des énormes lacunes techniques des joueurs français, regardons de plus près les fautes de main des joueurs composant le pack du Racing. Quelques français de formation française. Quelques sudistes de formation sudiste. Le constat est accablant : aucun en-avant des joueurs ayant fait leurs classes dans l’hémisphère sud, et des en-avant à la pelle des avants français. Criant.

Arbitrage, qu’on en parle enfin !

Une fois qu’on a reconnu la victoire incontestable des Saracens, on ne peut taire la prestation proprement scandaleuse de Nigel Owens. Impossible, tant il est une nouvelle fois devenu la caricature de l’arbitre britannique « à l’ancienne ». Pour suivre le rugby plus qu’attentivement, je m’attendais à ce genre de match de la part de l’arbitre gallois. Son arbitrage à l’encontre des équipes françaises est invariable : biaisé, pour ne pas dire malhonnête. Alors, une fois n’est pas coutume, et ne supportant aucune des deux équipes, j’ai décidé de moins profiter sur match, pour le regarder avec mon carnet de notes à la main. Et de scruter le sifflet de Nigel Owens. Je voulais enfin donner corps à un raisonnement argumenté sur ce triste sire du carré vert. Notons au passage que son juge de touche lors de ce match fut George Clancy, qu’on peut affubler des mêmes incohérences qu’Owens. Ces deux-là font la paire. Depuis trop longtemps, ils salissent un sport qui aurait besoin de réellement professionnaliser le métier d’arbitre. Et de le rendre indépendant. Quitte à prendre pour une fois exemple sur le football, et refuser que des arbitres d’un pays arbitrent des équipes de ce même pays. Ce sport est-il si arriéré dans son administration pour qu’une telle aberration puisse encore avoir lieu à chaque phase finale ? Je suis persuadé que des journalistes un peu curieux auraient beaucoup à découvrir en s’intéressant d’un peu plus près à l’influence Irlandaise et donc Britannique sur l’arbitrage européen. Le scandale est beaucoup plus profond qu’on ne le pense.

Comment faire basculer un match

Les caméras se comptent par centaines. Tous les angles sont scrutés en direct par des millions de téléspectateurs. Il ne s’agit donc pas de commettre d’énormes fautes d’arbitrage. Non. La construction de la bascule est longue, patiente. De petits (mé)faits aux grandes conséquences. La tactique des gains marginaux, somme toute.

Premier exemple de la chose, Nigel Owens avertit systématiquement les joueurs anglais avant de (ne pas) pénaliser. Le coup de sifflet est en revanche beaucoup plus direct contre les Français. Ainsi, un joueur anglais en position illicite sera alerté d’un « roll away » par l’arbitre. Un joueur français sanctionné.

Dans le même ordre d’idée, le positionnement de l’arbitre est révélateur de ses intentions. Naturellement, l’équipe qui défend commet plus de fautes pénalisables. L’arbitre doit donc focaliser son attention sur celle-ci, tout en gardant un œil sur l’équipe qui attaque. Quand les saracens attaquent, Nigel Owens regarde donc plus le racing. Normal. Mais quand le racing attaque, il regarde le racing. Ce fut évident, l’arbitre tournant parfois quasiment le dos aux Sarries. Pour preuve, il dut par deux fois s’en remettre à son juge de touche pour juger d’une éventuelle faute de main des Anglais qu’il n’avait pas vue !

Pas d’erreur grossière donc, mais des attitudes à la marge qui ne peuvent laisser aucun doute : cet après-midi, comme souvent, Nigel Owens est venu pour faire gagner l’équipe qui joue contre la France. Je sais pertinemment que ces mots sont forts, inhabituels dans le monde du rugby où l’arbitre a toujours raison. Je les prononce d’autant plus tranquillement que j’étais plutôt favorable à une victoire des Saracens. Je suis convaincu que Nigel Owens et George Clancy sont deux arbitres profondément malhonnêtes, à la botte d’une fédération à l’accent très britannique dans ses décisions. Je suis le rugby depuis toujours, pense n’avoir jamais manqué un match du XV de France ni d’une équipe française en Coupe d’Europe. Et je suis prêt à prouver ce que j’avance.

Owens, chapeau l’artiste

Mes petites notes valent ce qu’elles valent. Mais je les crois révélatrices d’une réalité que même les commentateurs de France 2, ayant pour ligne de conduite d’en dire le moins possible sur l’arbitrage, n’ont pu taire plus d’une mi-temps. Florilège Owens, à toi l’artiste. Avec une participation remarquée au violon de Clancy.

1re minute : en-avant parisien, l’avantage anglais dure près de 15 secondes. Une éternité pour ce type de faute.

9ème minute : Mêlée dans les 22 mètres parisiens. Pénalité totalement injustifiée contre le Racing : le pilier anglais fait 2 fautes, très claires au ralenti, et du côté de Nigel Owens. Sa liaison est clairement vers le bas, et il s’étale littéralement au sol, effaçant son épaule gauche à force de tirer vers le bas. Qu’un pilier gauche s’écroule sur son épaule gauche ne peut physiquement qu’être le symptôme d’une liaison défectueuse, donc pénalisable.

11ème minute : en avant du brillant 2ème ligne anglais Itodje dans le ruck devant l’arbitre, non signalé.

13ème minute : mêlée introduction Sarries, sur leurs 22 mètres, face aux poteaux. Leur mêlée prend l’eau et recule tellement que le ballon se retrouve dans les pieds de la troisième ligne parisienne. Owens demande aux parisiens de jouer le ballon, sans même accorder un avantage. Nouvel exemple de ces petits gains : une simple omission qui coûte 3 points au Racing.

22ème minute : situation identique, mais inversée. La mêlée du Racing est enfoncée : coup de sifflet immédiat de l’arbitre.

25ème minute : exemple typique de ces petits riens qui font tout. Renvoi du Racing, mauvaise réception anglaise avec le ballon qui rebondit en avant et sort en touche. La règle veut que le capitaine parisien ait le choix entre une mêlée pour l’en-avant ou la touche. Eh bien, le juge de touche, George Clancy, assure qu’il n’y a pas en avant. Pas le choix, ce sera une touche. Cela évitera donc une potentielle mêlée, et donc un chance claire de pénalité pour le Racing. Chez les British, on sait minimiser le risque.

38ème minute : une mêlée qui tourne, avec un gros impact du racing qui doit être récompensé : pénalité pour les Saracens. Commentaire « soft » de Raphaël Ibañez, qui en connaît un rayon en mêlée : « Il aurait dû la faire refaire au minimum ».

43ème minute : mêlée parisienne dominatrice. Le ballon arrive à peine dans les pieds du 8 Masoe que l’arbitre crie déjà « USE !!! ». Ça évite de poursuivre la poussée, et donc une éventuelle pénalité contre les Anglais. Minimisation du risque, again.

49ème minute : énormes fautes anglaises sur le ruck. L’ouvreur garde la balle au sol. Plongeon du 3ème ligne. La balle sort du ruck, d’un mètre au moins. Szarzewski s’élance donc et récupère la balle libre. Il est sanctionné. Stupeur dans le stade. Les joueurs français lèvent les bras au ciel, même durant la pénalité de Farrell. Fait assez rare au rugby pour dénoter un vrai malaise. D’ailleurs, il est amusant de constater que les Saracens, au coup de sifflet d’Owens, pensaient que la faute était contre eux. Ils se précipitent pour se replacer, avant de constater avec surprise la décision de l’artiste au sifflet.

73ème minute : faute totalement imaginaire de Ben Arous au contest. C’est l’Anglais qui garde la balle au sol et doit être pénalisé dans ses 40 mètres. Le ralenti le confirme, Ibañez n’est pas dupe : « c’est cadeau ». En effet, la pénalité accordée aux Anglais permet d’aller dans le camp parisien, et d’obtenir une pénalité qui cèle cette fois-ci le sort du match. Faire basculer un match. Vraiment.

J’ai aussi noté, pour suivre Owens (et Clancy) tout au long de leur carrière, qu’une de leurs techniques privilégiées est de biaiser l’accord des pénalités. Pour que ce ne soit pas trop gros (quoique…), et soigner les statistiques, les équipes françaises bénéficient d’autant de pénalités ou presque que les équipes anglaises. Mais il faut aller plus loin. Il faut regarder où sont sifflées les pénalités. Et là, l’histoire n’est étrangement plus la même. Ce alors même qu’il n’y eut aucune domination territoriale de l’une des deux équipes. Ainsi, la distance moyenne des pénalités sifflées et tentables fut de 41,7 mètres des poteaux pour le Racing, contre 25,5 mètres pour les Saracens.

Pas fou, Owens !

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Une réflexion sur “Se faire biaiser

  1. Merci pour cet article.
    Je regarde le rugby le plus souvent que je peux depuis près de 40 ans et j’y ai joué 10 ans . Et il est vrai qu’à chaque fois que l’on annonce Owens comme arbitre , je sais que c’était plié. J’ai toujours eu cette sensation d’injustice – subtile – , d’oublis qui font basculer un match. J’avais peur d’être un peu aveuglé par un fond de chauvinisme. Merci pour cette analyse qui apporte un éclairage indiscutable.

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