Coup de bigot

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Experts contre feelings

Je n’utiliserai pas ici les revers de ma manche, pour chausser une plume pleine d’effets et de larmes. Un drame atroce est survenu. L’émotion, si elle a sa place dans tous les cœurs, doit aussi faire place à l’analyse. Et qu’une partie de cette analyse soit guidée par l’émotion, au fond, pourquoi pas.

Plus je lis attentivement les récits, les révélations, concernant le meurtrier, plus je m’interroge. D’abord sur la nécessité d’une nouvelle campagne publicitaire pour Daech. Le califat s’écroule au Proche-Orient, s’étend en Libye. Je ne suis pas certain qu’il nous faille lui envoyer de nouvelles recrues. Si je grossis un peu le trait, je m’étonne de la rapidité avec laquelle les médias se sont engouffrés dans la brèche Daech. Il aura suffi à l’homme de se revendiquer du califat pour que les plateaux se couvrent d’experts en tout genres, prompts à nous refaire l’historique du conflit, avec force d’erreurs bien entendu.

Alors, oui, je m’interroge. Quand on voit que notre homme utilisait une application de dating gay. Quand on note qu’il était un habitué du club. Quand on écoute les déclarations du père sur la punition divine de l’homosexualité. Le pourquoi du comment réside-t-il dans une analyse détaillée des dissensions entre Al-Nosra et Daech ? J’ai un doute…

Je pense donc je suis

Difficile, à la lueur des premiers éléments qui nous parviennent, de ne pas déplorer la rencontre entre la frustration d’un homme et le dogme religieux. Rencontre qui, au fil des siècles, a tout de même produit plus d’abrutis que de génies. Je sais que l’heure n’est pas à trouver des coupables. Nous en tenons un sous la main, il est plus ou moins affilié à Daech. Tout le monde s’en satisfait. Who’s next ?

Peut-être ferions nous bien de nous intéresser à la connerie absolue de la religion. De cet abandon de pensée quotidien. De ce terreau fertile pour que tous les frustrés, les cons, les abrutis, puissent exprimer leur haine de l’autre et bien souvent d’eux-mêmes. J’en ai plus que marre de prendre des gants. Vos bondieuseries m’emmerdent. Vos « pray for », gardez-les pour vous. Je n’ai pas besoin de m’inventer une assurance post-mortem pour regarder la vie, et donc la mort, en face. Que tu pries, toi, parce que c’est ta manière de rendre hommage : très bien, je n’ai aucun jugement à porter là-dessus, et je t’en suis reconnaissant. Mais ne m’impose pas ton injonction de prière. La pensée me suffit.

With god on our side

La religion a de tout temps été le facteur déterminant pour maintenir un joug sur une population. Quand on a voulu conquérir une terre, on en a d’abord colonisé les esprits. Demandez aux sud-américains. Demandez aux tibétains la teneur du projet politique du dalaï-lama. Contrairement à ce que la violence des mes précédents propos peuvent suggérer, je ne suis pas de ceux qui disent qu’il faille être assez con pour croire. Je pense qu’il faut croire pour être assez con. Et qu’une fois bien con, tu feras de la chair à canon bien grasse pour remplir les desseins des mecs à soutane, à barbe, à kippa, je m’en contrefiche. La chanson repris en chœur par Dylan et Baez était excellente : « with god on our side ». Eh oui cher ami, quelque justification divine que tu donnes, à ta peine, à ton amour, à ta haine… Sache que tu pourrais bien justifier l’inverse en utilisant ton Dieu favori.

Croire, en quelque matière que ce soit, c’est renoncer à penser. En partie, à des degrés divers. Mais le mécanisme, même le plus faible qui soit, en reviendra toujours à accepter l’inexplicable sans poser de question, en baissant les yeux. Il y a ceux à qui cela convient. Il y a ceux à qui ça ne saurait convenir. Ceux qui préfèrent comprendre plutôt qu’apprendre et réciter. Ceux qui préfèrent la question à l’acceptation. La religion déteste la question. Elle n’y résiste pas.

Liberté, liberté chérie

La liberté n’est pas l’amie du religieux. Aimer qui l’on veut, tel qu’on le souhaite, a toujours constitué pour le religieux un affront qui l’empêche d’avoir la totale emprise sur les âmes. Alors, il faut avoir honte. Il faut faire pénitence. Il faut se détester. Se haïr d’aimer un autre homme, une autre femme. La religion est homophobe, profondément. La religion est une négation du choix comme de la nature. De l’acquis comme de l’inné. Il faut réfréner ses élans, ses pulsions, s’agenouiller, demander pardon pour avoir fait la plus belle chose qui soit. Si j’aime cette femme plus que tout, je n’irai jamais m’en excuser auprès d’un mec en soutane qui m’expliquera combien la chair et le plaisir sont malsains. Je m’en fous, je m’en tape, je refuse ton injonction quotidienne à accepter mon sort, à me satisfaire du misérable, à perpétuer l’ordre établi pour que surtout, rien ne change. Ton projet est politique, ton crucifix est politique, ton eau bénite noie la beauté de l’amour. Tu me veux servile, occupé à me détester, pour que j’oublie de m’insurger. Eh bien, mon brave, tu vas devoir y mettre quelques gouttes de sueur.

Le dogmatisme crée la frustration. La frustration, si elle habite les méninges de la mauvaise personne, engendre la violence. La violence engendre des morts. Et je n’irai pas prier pour eux. Je leur rendrai l’hommage de me souvenir d’eux, et d’espérer que leur mort saura faire reculer la bigoterie, l’obscurantisme etc.

Je sais qu’au sein de ce genre de papier, l’auteur formule en général des excuses avant même de commencer. Il lui faut rappeler qu’il n’est ni un nazi, ni un stalinien, qu’il respecte toutes les pensées, qu’il respecte tous les cultes, que chacun est libre de penser etc. Il est triste de devoir accoler ce paragraphe à une pensée construite, si virulente soit-elle. Je sais que ceux qui me connaissent savent combien je suis prêt à défendre la liberté de pensée. Tout en refusant que la religion s’échappe du banc des accusés chaque fois qu’un drame se produit en son nom. Les extrémistes de tous les bords ont besoin d’une cause pour justifier leur connerie. Il se trouve que les religions, jusqu’à présent, furent le haut-parleur parfait de ces abrutis. Que cela choque ou non. Car parler de ces sujets, c’est marcher sur des œufs. Si j’en ai cassé quelques uns, tant mieux : les cons feront des omelettes avec.

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