L’heure du fist

Ce matin, en me promenant dans la rue, je pensais au fist. Du coup, je me suis rappelé que c’était jour de vote, et qu’il m’allait falloir avant 20h enfourner un bulletin de vote dans l’urne. Histoire d’accomplir une fois n’est pas coutume un « acte de bon citoyen ». Au passage, je continue de m’interroger sur l’identité de ce bon citoyen. À quoi peut-il bien ressembler ? Comment s’habille-t-il ? Que fait-il ? Achète-t-il un pain tricolore ? Honore-t-il Marianne dépoitraillée d’une faciale républicaine ? Je ne sais, et ne saurai probablement jamais. Reste que j’aurais bien aimé rencontrer l’animal, pour causer Raie Publique. 

Moi que l’abstention guettait, je me suis donc résolu à rendre visite à l’isoloir n°69 (sans déconner, c’est very dick) de mon très chic bureau de vote du 16ème arrondissement. Oui, cher lecteur, j’habite chez les riches. Je ne tolère guère l’odeur des manants plus d’1min17, rolex en main. Je dois bien confesser que le spectacle offert par ce bureau de vote historiquement tenu par la droite m’a beaucoup fait rire. D’ailleurs je me suis chié dessus. Que c’était réjouissant de voir les mines déconfites de ces fillonistes de la première heure ! Eux que j’avais croisés quelques semaines plus tôt au meeting du François au Trocadéro, la mine guillerette et les mocassins glandés de frais. Le contraste avec aujourd’hui était saisissant. Le sourcil avachi, la broche christique en berne et le chapelet pendouillard, tout le monde s’épiait dans un silence de cathédrale. Alors, qui allait voter quoi ? Marine ou Macron ? La fille du borgne ou le fist d’Hollande ? Etant la seule personne de moins de 70 ans dans la salle, je sentis immédiatement les regards horrifiés me ranger dans la catégorie des dangereux communistes ascendants Bolchévique Insoumis. Et puis, comme je suis drogué, je mets des slims et j’ai une boucle d’oreille. Du coup, c’est tout juste si on ne m’a pas dit « A voté, pédé », quand j’ai souillé l’urne d’un bulletin Macron.

Car en effet, j’ai voté Macron. J’ai commencé la phrase précédente par « car », c’est moche et c’est ce que m’avait rigoureusement interdit mon prof de Français de 4ème. Voilà, je t’encule. Ce qu’il m’avait d’ailleurs aussi rigoureusement interdit de faire. Bref, l’anus m’égare, j’ai voté Macron. Insoumis au premier tour, soumis au second, il est vrai que j’ai toujours eu le baillon-boule assez facile. Que voulez-vous, le fait majoritaire est ce qu’il est dans une élection à deux tours, et personnellement, plus Marine est à genoux, plus ça m’excite. 

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